La Croix du Chemin

La Croix du Chemin, sans fils: magique… (1)
La Croix du Chemin, sans fils: magique… (2)
La sénatrice Anne Emery-Dumas, lors de sa visite, a été accueillie par le maire et ses conseillers (mai 2015)
Croix du Chemin - detail

Daté de 1756, le calvaire du Chemin, non signé, est pourtant considéré comme un oeuvre de qualité exceptionelle. Fait de grès beige, de calcaire claire à veines beiges et de calcaire blanc, ce calvaire comporte des scènes si remarquablement sculptées qu'elle lui ont valu d'ȇtre protégé au titre des monuments historiques. Les observateurs peuvent y reconnaître la scène de l'arrestation du Christ et le baiser du Judas, les quatres évangélistes - Mathieu, Luc, Marc et Jean-, la flagellation des condamnés à la crucifixion, les armes de la Papauté, les saintes femmes...  

Une légende insistante veut que son auteur -un tailleur de pierre- sculpteur particulièrement doué- en ait fait don au pays, plutôt que le livrer à son client. Pour quelle raison - désaccord? abandon de commande? - on l'ignore.
 

Aujourd'hui le calvaire est en danger. En cause, l'abrasion due au vent et à la pluie, le gel qui délite peu à peu la pierre, les micro-organismes, la corrosion des renforts en fer, le tassement du terrain... Cette usure de temps a des conséquences sur la stabilité et donc la pérennité du monument. Enfin le chapiteau situé immédiatement sous la croix est endommagé et les scènes sculptées, qui sont la gloire de ce monument, sont très altérées.

Mise à jour du 28 mai 2018 (l'assemblée générale annuelle de l'association) :
Les premières démarches visant à faire restaurer la Croix du Chemin sont en préparation : elles incombent à la Mairie qui doit déposer un dossier et lancer l'étude de faisabilité et de coût dans un délai qui reste a préciser. L'objectif est de lancer le chantier si possible dès 2019.

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Plus d'infos:
- Patrimoine hameaux > le Chemin

La croix est examinée sous toutes les coutures.
Exemple de l'altération des sculptures du Christ en croix.
Des prélèvements sont effectués aux fins d'analyse.
Le monument décapité offre un spectacle de désolation : vivement que ce ne soit plus qu'un mauvais souvenir !

Descente de croix (le 20 novembre 2020)

Rendez vous a été pris entre le service des Monuments historiques* et la mairie d'Anthien ce vendredi 20 novembre après midi. Il fait froid, le temps hésite entre soleil et ombre.
  
Il s'agit – enfin ! - d'expertiser l'état de la croix, monument classé de 1756. Cet ornement du Chemin est bien fragilisé par l'érosion et nécessite une remise en état urgente. Un rapport de la DRAC daté de 2013 alertait déjà sur l'urgence d'une intervention.
  
Il y a là notre maire, l'architecte des Monuments historiques accompagné d'un de ses collègues et une spécialiste tailleur de pierre.
  
L'équipe vient collecter les informations nécessaire à la pose d'un diagnostic, préalable à l'établissement du programme de restauration. La visite va donc commencer par la prise des cotes du monument et un prélèvement de fragments pour analyse de manière à poser les bases d'un état des lieux. L'examen visuel des parties endommagées permettra quant à lui de déterminer ce qui peut être restauré de ce qui devra être refait, en commençant par un re-basage du monument qui n'est pas à exclure. La pierre est non seulement abimée par l'abrasion du vent, de la pluie et de la lumière mais aussi agressée par les agents atmosphériques, la pollution, les mousses et lichens... Après analyse des prélèvements effectués, un traitement biocide sera à définir, à faire suivre d'un gommage. Enfin, une fois restauré, l'ensemble devra être protégé : une des techniques pourrait consister à recouvrir la pierre d'une sorte de « vernis » protecteur, perméant à la vapeur d'eau et qui permettrait de retarder les agressions naturelles auxquelles est exposée la pierre.
  
Les spécialistes vont ensuite plus particulièrement s’intéresser à la croix qui somme le monument et qui menace de tomber. Après réflexion et vu sa déliquescence, il est décidé de procéder à sa dépose immédiate. A l'examen, son état apparaît encore plus dégradé que ce que l'on craignait induisant un risque de chute imminent. La sculpture du Christ en croix montre plusieurs fractures anciennement réparées. La base cylindrique est cassée et le chapiteau sculpté en forme de couronne d'épines et sur lequel repose l’ensemble, tombe en morceaux.
  
La colonne, dont les fissures sont anciennes, a été consolidée par l'implantation d’agrafes métalliques. Celles ci, sous l'effet de la corrosion, ont gonflé entrainant par endroits l'éclatement de la pierre. L'analyse dira si elle doivent être remplacées par des renforts à l'abri de la corrosion.
  
Comme chaque fois, la juste restauration est un compromis à trouver entre une remise en état suffisante et sans excès, sans parler de la contrainte budgétaire.
  
Le planning des interventions n'est pas encore connu. Une échéance toutefois sert de butoir à la validation du projet de restauration: la fin de l'année prochaine, faute de quoi serait perdu le bénéfice des presque 8000 € de prise en charge du diagnostic.
  
La motivation qui semblait animer toutes les personnes présentes – dont les représentants de l'association - est un signe d'encouragement !  
A suivre donc et un grand merci à notre maire particulièrement impliquée dans le projet !
  
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* L’architecte des Monuments historiques est en charge de la restauration du « mobilier » classé alors que le domaine d'action de l'architecte des Bâtiments de France est l'immobilier classé: églises, châteaux…